Vie

Une Histoire de Pilule!

février 16, 2018

Le nombre d’articles et d’avis au sujet de la contraception et de la pilule fleurissent. Les avis sont divers et variés. J’ai aussi mon opinion sur la question car j’ai un vécu. Et oui, avoir 35 ans et deux enfants ne signifie pas que ces questions ne se posent plus!


Mon histoire avec la Pilule

Bon commençons par le commencement : j’ai eu mes règles à 12 ans. Dès le départ, elles étaient très douloureuses accompagnées de forts saignements. Une vraie partie de plaisir. À 13 ans, étant totalement anémiée, mon pédiatre m’a prescrit des comprimés de fer et la mini-pilule. Une pilule conçue exprès pour les adolescentes comme moi.

Donc bon, ok. J’ai pris cette pilule tant bien que mal (car je la zappais souvent) pendant 6 mois, je crois – en tout cas, moins d’une année. J’ai arrêté car cela n’avait pas de sens pour moi à l’âge de mes 13 ans.

Mes règles étaient plus légères et faciles à gérer. J’ai donc continué ainsi pendant quelques années. Tout en restant chroniquement anémique. Je prenais des comprimés de fer … que je supportais très mal.

À 19 ans, je me suis à nouveau tournée vers la pilule mais en tant que contraception. Cette fois, j’y voyais une véritable utilité! Donc, j’ai fait partie de la génération à laquelle la Yasmine et la Yasminelle ont été prescrites à tour de bras en nous disant que ces pilules étaient un miracle abouti. (Je vous laisse lire cet article pour en savoir plus sur cette catastrophe : Le Temps).

Je n’ai pas eu d’effets secondaires avec cette pilule (dieu merci), mes règles se sont stabilisées et du coup mon anémie aussi. J’ai donc continué ainsi jusqu’à l’âge de 27 ans – BABY TIME!


Être Maman et la pilule

Toute contente, car nous avions des projets de bébé, j’ai donc arrêté la pilule. Mes règles ont repris droit derrière et MON DIEU! C’était absolument horrible! Tampax orange et serviettes hygiéniques ultra-absorbantes plus tard, mes pantalons blancs de travail (infirmière) ont tout de même finis tâchés, plusieurs fois. Désolée des détails : c’est une réalité.

Heureusement : j’étais enceinte deux mois plus tard! Bref, je vous la fais courte, grossesse parfaite bien qu’anémique au départ. Cette fois, j’ai eu droit à des perfusions de fer. Certes pas très agréables mais plus efficaces que les comprimés et plus digestes! 9 mois plus tard, je donnais naissance à ma grande Trolette et rebelote les perfs. Ensuite, j’ai repris la pilule sans me poser de question.

Deux ans plus tard, vient le désir du 2ème bébé. Donc, même schéma que la première fois, mêmes saignements. À nouveau, j’ai eu de la chance car je suis très rapidement tombée enceinte. Par contre, mon anémie était très importante, j’ai donc eu droit à plusieurs perfusions pendant et après pour rattraper tout ça.


Quand on a tous les enfants que l’on souhaite

Voilà : 2013, 32 ans, deux enfants et une dépression post-partum plus tard (je vous en parle ici : Une dépression Post-Partum) ; il était “clair net et précis” pour nous (mon mari et moi-même) que nous n’aurions pas de troisième enfant. Notre famille était complète.

Au même moment, je me suis rendue compte que cela faisait plus de 13 ans que je “bouffais des hormones”. J’avais envie de faire une pause, d’arrêter. Sans compter sur le fait que les histoires autour de la pilule Yasmine remontaient à la surface … Et ceci m’a fait peur! Je me doutais bien que les premiers mois ne seraient pas évidents. Néanmoins, je pensais sincèrement que mes règles se stabiliseraient et deviendraient moins fortes.

Ah! L’espoir fait vivre! Ce fut pire que tout, mais j’ai persévéré. Avec un nouveau-né, un enfant de trois ans, une dépression … J’ai géré mes règles comme je le pouvais, j’ai subi, en somme. Sans compter sur un syndrome pré-menstruel qui était au plafond tous les mois … Tout ceci m’a bien aidée à surmonter ma dépression (ironie).

Au final, j’ai persisté pendant une année. Et, un jour, un poste de travail m’est tombé du ciel (j’avais arrêté de travailler après la naissance de ma deuxième). Bien que je ne travaillais qu’un jour et demi par semaine ; je me suis rendue compte que ce ne serait simplement pas possible dans ces conditions-ci.


Le dialogue de sourd

Une autre petite chose a aussi prouvé que ce que je vivais n’était pas normal : la Fleurcup. Avec la Fleurcup, j’avais la possibilité de mesurer mon flux. À coup de 15 ml aux deux heures pendant les premières 24 heures, puis aux trois heures et aux quatre heures, et ceci pendant 7 jours non stop … Je vous laisse faire le calcul! NB : Quantité normale de pertes durant 7 jours de règles : 80-100 ml en tout!

Je suis donc allée vers mon gynécologue (que j’adore – sans ironie). Tout en me disant que si la seule solution était la contraception et les hormones … j’accepterais car : pas le choix. À savoir que je n’ai pas de cause physique qui puisse expliquer des règles si fortes (style fibrome).

La réponse de mon gynéco : Stérilet!

Moi : Non, je n’ai pas envie d’avoir un objet à l’intérieur de moi!

Lui : Vous utilisez bien une Fleurcup!

Moi : Oui mais la Fleurcup, je peux l’enlever quand je le souhaite et elle ne me coûte pas 500chf!

Donc, bon bref .. Je suis repartie avec une pilule. Et tant qu’à faire, vu que j’en avais vraiment eu ma dose, j’ai demandé une pilule qui me couperait les règles. De plus, j’avais de nouveau besoin de perfusions de fer! Je ne voulais pas que tout ce fer parte à nouveau dans mes règles!

 


Et Maintenant, mes Réflexions!

Maintenant, cela fait quatre ans que je prends la pilule. Elle n’a pas totalement stoppé mes règles ; elles arrivent tous les deux-trois mois. Mon fer? Mon fer va très bien et j’en ressens le bénéficie. Ceci est uniquement dû au fait que mes règles sont nettement moins importantes.

Donc, ma “situation” est stabilisée, j’ai trouvé une solution (approximative). Cependant, je me pose des questions, of course. La société nous envoie de plus en plus en pleine face que la pilule c’est mauvais, c’est néfaste, c’est un risque!

En gros : “Tu as plus de 35 ans et ta famille est complète? Si tu prends la pilule et que t’as un cancer ou une thrombose, ben il faudra pas te plaindre hein, tu l’as quasi demandé.” J’exagère mais le fond du message est bien là!

Or, malgré toutes les avancées et découvertes faites dans le monde médical, le problème des règles fortes reste sans solution et n’intéresse pas grand monde, me semble-t-il

Alors oui, on pense nous proposer des solutions avec la pilule, le stérilet, etc. Mais ce ne sont pas des solutions directes et efficaces aux règles abondantes. Il existe une intervention nommée Cavaterm au cours de laquelle le médecin insère un ballon dans la matrice qu’il gonfle avec de l’eau bouillante. Ceci cautérise l’ensemble de l’utérus et diminuerait les saignements. L’intervention se déroule en milieu hospitalier. Ceci peut être très douloureux sur les premières 24 heures. J’ai eu des échos positifs de femmes qui ont fait cette intervention avec succès. Or, selon la nouvelle théorie médicale, le Cavaterm ne serait pas si efficace (ou rentable ou les assurances ont mis le “olà” … à voir).

Oui, oui : les femmes se vidant de leur sang chaque mois, consultant pour cause de fatigue, d’anémie, de burn-out même voir de dépression … Alors, traitons toutes ces conséquences inhérentes aux règles hémorragiques et n’allons pas plus loin. Sinon, elles n’ont qu’à prendre des hormones! Et ne pas se plaindre, accessoirement!


IMPURE!!!!

Donc voici ce qu’on nous propose : pilule, stérilet … ou Cavaterm, éventuellement! Le stérilet est souvent bien accepté par le regard de la société en ce qui concerne les mamans. C’est le chemin à suivre, la chose à faire. En prenant la pilule, on brave un interdit car celle-ci est réservée aux jeunes femmes qui n’ont pas encore d’enfants ou qui en ont, mais en souhaitent d’autres.

Mais alors! Si on prend une pilule et que c’est une pilule qui coupe les règles!!!!!!! Arf attention! Là, le féminisme et la liberté vont trop loin! Car voyez-vous, les règles, ça nettoie!

Oui, j’ai entendu ceci, de multiples fois et pas uniquement de la part des générations d’avant : les règles nettoient! Il faut arrêter avec ces vieilles conneries conceptions! Nous ne sommes pas impures! Notre utérus n’est pas sale! C’est une des plus belles conceptions de la nature! Donc, oui, stop SVP!


Au Final, une vraie Solution?

Donc, suis-je contente et sereine de prendre la pilule? Contente car j’ai la paix, je peux vivre normalement dans mon corps TOUS LES JOURS et non uniquement deux semaines par mois (je compte une semaine de syndrome prémenstruel et une semaine de règles – avant la pilule). Sereine à moitié car j’ai tout de même conscience que ce n’est pas une solution définitive. Je souhaiterais arrêter ma pilule – peut-être cet automne, pour voir ce que cela donne. Et éventuellement essayer le Cavaterm dans le futur si j’en ressens le besoin.

Je reste tout de même étonnée de ce parcours et de ces réflexions. Quand j’étais plus jeune, je n’aurais jamais imaginé me poser toutes ces questions à quasi 36 ans et deux enfants. Avoir des enfants ne résout pas le souci de la contraception. Au contraire, j’ai l’impression que ça l’amplifie …

Et la question des règles fortes? Sommes-nous punies à cause d’Eve et de sa pomme? – assez rentable de traiter directement ce problème? Ou l’univers de la médecine est-il si masculin qu’un souci typiquement féminin n’est tout simplement pas assez intéressant?

Au final, une chose à retenir : des règles hémorragiques ne sont pas une chose à subir au nom de la sacro-sainte condition féminine. Nous avons le droit de dire stop et de chercher des solutions!

Toutes ces opinions et réflexions sont entièrement miennes. Chacune fait ce qu’elle souhaite en la matière, je ne suis pas là pour vous conseiller ou vous dire que faire. Juste une chose : si vous prenez une méthode hormonale, SVP, c’est très important, ne fumez pas! Vous augmentez tous les risques si ceci est le cas 🙁

Et vous? Qu’est ce que ça vous inspire tout ça?

signature_charlotte

*Photos de mon bidon, crédits @CecilePhoto


 

 

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